Totalitarisme et histoire

Ce qui caractérise la «pensée» d’une société totalitaire, c’est la disparition de l’histoire au profit de l’idéologie.

Toute similitude avec une situation en cours serait une pure coïncidence…

Ceci étant, il convient de noter que cette disparition n’est pas anodine. L’histoire est faite de complexité, de cas particuliers. Les acteurs réels de l’histoire sont des humains somme toute assez proches de ce que nous sommes. Ils ne sont ni tous noirs, ni tous blancs. Ils peuvent se tromper. Ils peuvent être influencés. Ils sont rarement complètement monomaniaques, également, contrairement à ce que voudraient faire croire leurs admirateurs ou leurs héritiers politiques: ils ont une famille, des origines, une histoire personnelle, des lectures, ou pas, ou pas assez, ou pas les bonnes… Enfin, ils peuvent vouloir tendre vers un but et, par leurs actes, préparer exactement l’inverse!

La République de Weymar, par exemple, n’a pas su défendre le modèle parlementaire contre la montée du nazisme. Autre exemple : de nombreux pacifistes convaincus, dans l’entre-deux guerres, ont été les idiots utiles d’Hitler, au premier rang desquels Aristide Briand, pourtant toujours admiré aujourd’hui par une frange de dogmatiques ignorants, et dont le successeur était Pierre Laval.

De la même manière, aujourd’hui, beaucoup d’écologistes convaincus, réellement inquiets pour l’avenir de la planète et pour la vie de leurs enfants, militent pour sortir du nucléaire alors que c’est le moyen pilotable de production d’électricité qui rejette le moins de CO2… Ces gens-là sont probablement manipulés par des lobbies de vendeurs de «croissance verte» qui planteront quelques éoliennes, quelques panneaux solaires pour faire joli, et quand même une grosse centrale à gaz derrière tout ça, soyons sérieux, à un moment il faut quand même produire de l’électricité…

Voyez Al Gore: voici quelqu’un qui se présente comme le candidat idéal, le «gentil» de l’histoire, et qui est en fait un homme d’affaires sans beaucoup de convictions et sans véritable intérêt pour le réchauffement climatique. Il a quelque chose à vendre, une fortune personnelle à construire, c’est tout. C’est un exemple parmi d’autres! Il n’est pas tout seul dans son cas. Mais il est très représentatif.

Si on n’est pas un tant soit peu averti de la complexité de l’histoire, si on ne réfléchit pas à soi-même, à la complexité de l’esprit humain, si on n’est pas capable de voir que tout est combat, tout est polémique, alors on n’est pas à même de comprendre l’histoire ni le présent et on se laissera toujours dériver dans le courant, comme un bouchon à la surface de l’eau.

L’histoire, la vraie histoire, la réalité historique dans toute sa complexité ne correspond pas aux exigences «intellectuelles» du totalitarisme de la pensée unique. L’histoire ne démontre rien. Elle ne va pas dans un sens inéluctable, prévisible… Elle ne dessine pas de façon nette les contours de ce qui serait bien ou mal. Elle ne justifie pas les vengeances: les victimes d’hier peuvent être les bourreaux de demain. Les héros d’hier peuvent également tomber dans l’horreur et devenir des criminels: voyez Gilles de Rais, ancien compagnon de Jeanne d’Arc, devenu un monstre violeur d’enfants. L’inverse est possible aussi… L’histoire a sûrement des déterminismes, mais tellement multiples, tellement complexes, qu’ils échapperont toujours à nos capacités de spéculation ou même de calcul, ce qu’il est important de rappeler, à une époque où certains croient que le big data nous évitera de réfléchir. L’histoire est multiple, imprévisible pour celui qui ne s’applique pas à observer et comprendre l’actualité dans son ensemble, dans son contexte passé et dans son contexte humain, social et culturel. Il n’y a pas de bonne ligne de conduite en soi; il n’y a pas de «bonne recette» en soi. La même attitude, appliquée à deux contextes historiques radicalement différents, provoqueront des effets radicalement différents: bons, ou mauvais, ou neutres…

Le totalitarisme se nourrit d’ignorance, et notamment d’ignorance de ce qui devrait être le plus évident dans notre vie humaine: ignorance de la nature humaine elle-même. Le totalitarisme ne veut pas de philosophes. «Connais-toi toi-même» est la maxime qui peut lui faire le plus de mal. Et quand on lui «parle de culture», bien sûr, il sort son revolver.

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